Feb 6th, 2009 by Nadine Jouanen
- Avez-vous déjà mis en place et animé une CoP?
- Une Quoi?
- Une Communauté de Pratique! Moi, oui, plusieurs fois, toujours dans un contexte professionnel et chaque fois avec le soutien d’instruments donnant de la vie à distance. Car je fais partie de celles et ceux qui savent que l’outillage en ligne est un bon moyen de supporter une communauté. De mes expériences, je constate deux types de “clients”:
D’un côté, la communauté se monte dans une entreprise ou une organisation au sens large ayant déjà une plate-forme structurée contenant des instruments susceptibles de servir à son animation. Dans cette catégorie, j’entends: “On a tout ce qu’il faut, c’est juste que nous avons besoin de former les utilisateurs pour que ça marche” Ou bien : “on a un intranet tout neuf, c’est génial on va pouvoir faire tout ce qu’on veut”.
De l’autre, des regroupements de personnes dont la principale préoccupation est de s’en sortir, d’arriver à avancer, à produire et qui “avouent” ne rien avoir du tout. Là, j’entends surtout: “Tout est à faire, on est vraiment nuls, nous sommes désolés” et encore: “On vous avertit, les utilisateurs ne sont vraiment pas branchés chez nous”.
A ceux-ci, je voudrais dire merci! Car force est de constater qu’il est beaucoup plus simple d’obtenir des résultats rapidement, de susciter l’enthousiasme, de voir s’enflammer les participants dans les organisations n’ayant pas encore opté pour un, des outils en particulier.
Mais alors pourquoi me direz-vous, soudain bouillants d’impatience?
J’ai plusieurs raisons, que je vais exposer ici; peut-être en avez-vous d’autres; n’hésitez pas à les apporter en commentaire.
Quand il n’y a rien (je veux dire d’autre que le courrier électronique dont on sait la pagaille qu’il est surtout bon à générer) et de surcroît que les participants ne sont pas technophiles, la tentation de vouloir aborder la question par la technologie et non par les besoins réels est beaucoup moins forte.
Car les besoins sont tout sauf techniques; ils sont humains, de communication, d’échange, de mise en commun. « Il faut absolument trouver une solution pour remplacer le cahier de liaison papier entre les équipes qui se relayent d’un jour sur l’autre ». D’après vous, quelle est la phrase qui va leur donner envie d’essayer autre chose?
- Je vous installe un gestionnaire de fichiers partagés en ligne, il suffit de vous identifiez pour y accéder
- Vous allez pouvoir accéder à votre cahier à tout moment et connaître immédiatement les dernières nouvelles même si vous n’êtes pas sur place.
Je vous laisse deviner… L’adhésion à un système de fichier partagé va de soi, ne provoque ni rejet ni traumatisme, quand je prends la peine d’utiliser un vocabulaire connu et que je parle de l’usage qui préoccupe. Je m’évite de plus, les discussions sans fin sur les droits d’accès ou de modification à accorder à tel groupe d’usagers.
Sans outil à disposition, on cherche d’abord à répondre à un besoin urgent et pour peu qu’une proposition y réponde, elle sera la bienvenue. A ce détail près, mais il est de taille, c’est que l’outil à mettre en place ne nécessite pas de formation allant au-delà de la simple prise en main et surtout que les utilisateurs eux-mêmes puissent se l’approprier, mieux encore le définir ensemble.
Résumons: il y a un besoin exprimé, on réfléchit ensemble à une solution, elle est testée par la communauté. Si je trouve le moyen pour que ces utilisateurs s’approprient l’outillage au point d’avoir envie de transmettre la solution à leurs collègues, alors c’est gagné!
Une sorte de processus viral s’installe, rendu possible parce que l’utilisateur et son besoin est au centre de la question, et non l’outil qui va répondre à ce besoin. Si de plus, il y a une mise en valeur de cette nouveauté, toutes les chances sont réunies de voir la communauté s’approprier l’instrument et le propager.
Je reviendrai sur l’animation des CoP: c’est un de mes dadas…
Je dédie ce billet à Samantha Slade
[...] Basecamp était un projet ‘pour voir’. 37signals était une ’simple’ web agency de l’époque. Ils créerent Basecamp car leur communication avec leurs clients autour de leurs projets ne fonctionnait pas bien. Ils utilisaient l’email pour tenir leurs clients au courant des avancées de leurs projets … et bien évidemment, “c’était la pagaille” comme le dit si bien Nadine. [...]